Parc ForillonTemps de lecture 18 min

Nous sommes à Forillon pour 3 nuits. Nous devons aller rejoindre Nathacha et Gabriel samedi. On nous l’a recommandé, alors on y va.

4 octobre – L’arrivée

La route

Avant de partir, un petit arrêt à la poissonnerie Cuisimer, pour l’achat de bons poissons frais. Les lumières ont été ouvertes toute la nuit, les pêcheurs étaient de retour vers 3 heures du matin. On a acheté des coquilles, pas faites de la journée, mais c’est sûrement très bonnes. Un autre arrêt rapide à l’épicerie «Épice Rit ML». C’est son nom. Bananes, lait, pain, oranges, de quoi avoir à combler certains besoins pour les 4 prochains jours.

La route est moins belle et beaucoup plus cahoteuse sur un sacré bout. C’est pour combler le paradis de route que nous avions en partant de Mont-Louis et à partir de Rivière au Renard. On aime regarder l’eau. On adore la forêt, mais s’il y a de l’eau, notre tête se tourne vers l’eau.

Il y a une halte routière qu’on adore près de Cloridorme. On y a déjà vu plein de fous de Bassan jadis. On arrête pour quelques photos, et un bon lunch.

Parc Forillon

On arrive au parc, rien de particulier, on va à notre terrain, c’est beau, mais je ne suis pas en pâmoison. Comme je disais dans mon dernier blog, les marches sont de plus en plus hautes. On s’installe rapidement, un petit apéro et on va marcher sur le bord de l’eau. 

D’où nous sommes, on ne voit pas la mer, on ne l’entend pas, on ne l’hume pas. Louise m’a déchiré le coeur. Elle a dit, ben là, je n’ai plus ma télévision… Ça fait mal. J’en ai les boules. On passait des heures à regarder la mer, tout simplement. Ce soir ce sera un autre vin de tristesse.

Quoi qu’il en soit, premier arrêt, point de vue sur le bord de l’eau, on voit 4 phoques, 2 sur des rochers. Il y a des fous de Bassan, mais ils sont loins. Louise a commandé des baleines, on devrait les recevoir demain. Pour ce qui est des couchers de soleil, on n’en voit pas. De levers, non plus.

On se rend sur le bord de la plage, un phoque curieux qui regardes les gens. Nous sommes 5 en tout sur la plage. Pas de crustacés, pas de mollusques, très peu d’algues mais ben des roches. Il n’y a pas de récifs à fleur d’eau pour aller marcher. Mais on a la mer, nous sommes à l’abri du vent, et c’est calme.

Ça sent le sapin près de la van. Ça sent tout de même très très bon.

Demain on va aller faire une belle randonnée, on verra ce que ça donne.

5 octobre – St-Alban

Ce fut une belle nuit vraiment calme. C’est un peu normal, le camping ferme pour la saison dans 5 jours. C’est donc désert. Sur environ 125 terrains de Petit-Gaspé A et C (qui partagent les sanitaires) il y en a à peine 10 d’utilisés. On ne s’en plaint pas.

Comme mentionné hier, on se tape une belle randonnée. On va partir de notre terrain, pour aller faire la boucle du mon St-Alban en plus du Cap Bon Ami. Ça donne un peu plus de 11 km, qu’on a beaucoup apprécié. Principalement les arrêts sur le bord de la mer pour la regarder.

La vue de l’observatoire est magnifique. On pouvait voir le Rocher Percé de là haut. Il faut monter jusqu’en haut, c’est un must.

J’ai aussi constaté quelque chose aujourd’hui. On adore la forêt, on aime ça y marcher; on adore la plage (les grèves); mais il n’y a qu’au près de la mer qu’on arrête, qu’on ne fait rien sauf de la regarder. Jamais on ne fait ça dans la forêt. Ça donne pas mal le ton quant à nos préférences finalement…

Après cette belle rando, bon petit lunch à l’extérieur, parce qu’il ne fait plus froid, et ensuite une sieste, plutôt, un power nap.

Après la sieste, ben là, on fait quoi, on va se laver parce qu’on a suer pas mal. Après, vaisselle dans le truc des gens de tentes. Il faut faire très attention à l’eau potable, et aussi aux animaux. Si on est trop con, et que par nos agissements on attire les ours, ben les ours viennent alors de plus en plus près des humains. Ce qui peut être dangereux. On ne pénalise jamais l’humain con. On abat l’ours :(.

Ensuite, on ne peut pas rester à rien faire, donc on va marcher sur la plage voyons. Je ne me mettrai pas à chialer que je n’ai plus la mer à proximité. On n’a que 10 minutes de marche, au pire. On se rend donc à la plage, pour vérifier si la commande de Louise est arrivée. Elle a commandé une bleue (baleine bleue). On n’en a pas vu aujourd’hui, qui sait?

Aucun cétacé, pas de bleue, de rorqual, rien. Des phoques gris (il sont plus gros que ceux au Bic). Mais un spot où on peu voir des couchers de soleil. On en profite en ta.

Souper, lecture et blog, c’est comme ça que ça se termine.

6 octobre – Les Graves

On n’a pas encore vue de bleue. Il faut tout faire pour en voir. Donc on va faire un sentier nommé les Graves. C’est un sentier de 15 km avec une bonne partie sur le bord de l’eau. 

Le but ultime est de se rendre au bout du monde. Ce bout du monde est aussi le bout du Sentier International des Appalaches

On prend le van pour se rendre au stationnement Grande Grave. Ça donne 10km de moins, sinon, on aurait 25km à faire. On part assez tôt pour avoir du stationnement, et en plus pour être revenu à une heure “raisonnable”.

À peine entré dans la place stationnement que Louise s’exclame, UNE BALEINE EN AVANT. Bon, bien sur, je ne la vois pas. Mais je regarde en avant. Je suis stationné tout croche. Je me reprends, mais je regarde toujours en avant, encore tout croche. Je me reprends, encore tout croche. Je m’explique auprès des gens autour, qui eux aussi se mettent à chercher la baleine. Là je suis drette.

On s’habille et on va sur le quai, c’est bien aménagé. Il y a un pêcheur et plein de Français qui vont prendre un bateau pour aller voir les baleines. Il y en a partout des Français, en auto louée plaquée de l’Ontario, en camping car immense de Canadream. 

Pas de baleine finalement…

On commence notre marche, et à peine 300 mètres plus loin, on s’accroche les pieds dans le magasin général Hyman & Sons. C’est le fun. Ils ont recréé le magasin, tel qu’il était au début du siècle dernier. On jase, on jase, on regarde, on rit, on n’avance pas vite. La marche va être longue. J’aurais aimé vivre dans ce temps, juste pour une journée.

On part, et on prend le sentier. C’est tellement beau, il n’y a aucune photo qui est à la hauteur de ces beautés. On est attiré constamment par la mer, comme un aimant. On regarde où se mettre les pieds, et l’instant d’après, on regarde la mer. 

On se rend à l’anse Blanchette, il y a plein de bâtiments anciens. C’est comme si ça sentait encore la morue séchée. Ils étaient vaillants dans le temps. 

En poursuivant notre route, on voit des phoques communs, gris, et le bateau de baleine au loin. Le bateau ne bouge plus. Il y a sûrement des baleines près du bateau, non. Mais j’entends le souffle, ben mosus, elles sont près de nous. Finalement 4 à 6 marsouins et un rorqual commun. Pas de bleue.

On continue la route, encore et encore, plus loin. On arrive à cap Percé, au bout du monde, avec son phare. On descend les 150 mètres de dénivelés pour arriver en bas. Il parait qu’il y a une colonie de phoques. Déception, on ne peut pas aller sur le bord de l’eau, on doit rester sur une plateforme perchée à plusieurs mètres de la mer, et en plus, pas de phoques.

C’est une merveilleuse journée d’automne, les couleurs sont fantastiques, il fait chaud, mais pas au bout du monde. On doit luncher en bas, ça prend du gaz pour reprendre la route, car nous sommes à 8 km déjà. On se met à l’abri, des Français viennent aussi voir le bout du monde, et après le plein de bouffe et d’énergie, on repart. 

La majorité des visiteurs se stationnent plus près du Cap Percé. C’est une erreur. La beauté du sentier est AVANT l’anse aux Amérindiens. C’est ce qu’on a remarqué. Les plages, les falaises, les rochers, tout ça on le voit avant. On n’a vu qu’un couple de Québécois partir du même point que nous.

On a fait une partie du retour par le sentier qui passe par la montagne. On l’a fait vite, l’aimant “mer” nous attirait, on devait y aller au plus criss.

De retour à notre stationnement, 16.6km plus loin avec 474 mètres de dénivelés, on était heureux. La vue de la mer, les odeurs de Noël et de la mer mélangées, nous comblent totalement.

Même si on n’a pas vu de bleue, on est super content.

On doit quitter demain assez tôt, alors on va faire la vidange avant de retourner au terrain.

Une bonne douche est nécessaire. Louise y va en premier, et ensuite à mon tour. Sur le chemin un petit renard qui me regarde, il m’examine. Dès que je cesse réellement de le regarder pour envoyer une photo à Louise, il s’en va. Pas fou la bête.

Arrivée à la douche, il n’y a plus d’eau chaude. Ben oui, la gang est arrivée. Il y a beaucoup de monde dans le camping. C’est la dernière fin de semaine de l’année. Il faut l’accepter, c’est terminé pour la tranquillité et la noirceur. Les gros sont là avec leurs lumières de Noël.

La leçon à retenir pour Forillon : 3 nuits ce n’est vraiment passuffisant. J’espère y revenir un jour.

Demain, un Terego avant d’aller rejoindre les amis.

Laissez un commentaire