Coaticook en van : le bonheur d’y revenir

Entrée du camping Parc de la Gorge de Coaticook la nuit pendant qu'il neige - Entrance of the Parc de la Gorge de Coaticook at night while it's snowing
Temps de lecture : 10 minutes

J’en parlais il y a déjà quelques articles : il faut revenir à la base pour bien apprécier la vie en van. J’e n’en parle plus, on le sait. Après avoir passé une semaine au Bic, dans un chalet, le moment était venu de repartir vers une destination qu’on adore : Coaticook.

C’est un vrai paradis pour les activités extérieures. Sans compter qu’on y trouve la meilleure crème glacée au monde, LA COATICOOK, et que, juste en face, il y a une superbe microbrasserie. J’en ai l’eau à la bouche.

Ça faisait déjà trois ans qu’on n’y avait pas séjourné. On y était allés en janvier 2022 (Le bonheur à petites dose et Il fait froid au pays de la crème glacée) pour du camping d’hiver très froid, en 2022 pour célébrer notre retraite (quelques articles Coaticook 2022), et en 2023 (On joue dehors à Coaticook), encore en hiver. On avait hâte.

La réservation

On décide que ce sera une semaine de « vacances » en van. Juste la semaine : arrivée le dimanche, départ le vendredi.
À noter que, pour réserver un camping l’hiver, il faut téléphoner. Je leur ai demandé pourquoi; la raison est simple : parfois, ils ferment. Donc, mieux vaut le faire par téléphone. OK.
Les meilleurs terrains l’hiver sont les S2 et S3. Ils ne sont pas trop loin des toilettes et des douches, ouvertes 24 h.

Dimanche le 11 janvier, la route

On est fébriles. C’est un peu niaiseux, mais c’est ça. La route est belle, surtout une fois passé Bromont, par la 10, où il y a pas mal moins de véhicules. Dès qu’on prend la 55, on se croit ailleurs. Cette autoroute, qui part de la 10 et se rend jusqu’aux États-Unis, est vraiment agréable. En hiver, c’est paradisiaque, surtout après la bonne bordée reçue la veille.

Mais rendu à Ayers Cliff, c’est un tout autre monde. Asti, on est rendus à Terre-Neuve. Ça me fait toujours rire quand les gens disent que les routes là-bas sont dégueulasses. Ces personnes ne vont jamais à Montréal, ça paraît. Mais à Ayers Cliff, ce n’est pas normal. Et ça reste comme ça sur un bon bout, jusqu’à quelques kilomètres avant Coaticook. Conduire sur la ligne blanche et éviter les trous devient le sport du moment.

Arrivés sur place, on ne niaise pas : on mange, puis on part faire un sentier. Il fait tellement beau.

On commence notre séjour par le sentier Montagne. Il part de la rotonde et se termine au camping — juste parfait. Peu de visiteurs aujourd’hui, et peu de chevreuils aussi. Comme toujours, on est enchantés par les sentiers de ce parc.

De retour de la randonnée, un petit feu, allumé à l’américaine.

On relaxe un peu, pis, une fois bien rafraîchis — pas loin de gelés finalement —, on retourne dans notre cocon sur roues avant de se diriger vers la brasserie. Pas le temps de niaiser : on ne manquera pas la micro pour rien au monde. Il neige, c’est tout simplement magnifique.

Petit repas à la microbrasserie Coaticook, succulent. Il n’y a que huit personnes dans la brasserie; on peut dire que le service est impeccable, autant que la bouffe. Pour moi, le burger a remporté sur la poutine du moment, et pour Louise, un bon fish and chips. Bon, le mot est faible, je me répète : succulent.

Par chance, c’est près de 30 minutes de marche pour retourner au camping. Bonne marche digestive.

Lundi le 12 janvier, la longue rando

Il ne fait pas très chaud ce matin. Mais c’est la journée parfaite pour faire la R4, soit la « Tillotson » , mais seulement en après-midi. Pas trop tard, car ce sentier est catégorisé expert, et sa durée est d’environ trois heures. Il faut tenir compte que le soleil se couche vers 16 h 15, et qu’il y a de la neige. On ne pourra pas le faire aussi rapidement.

Après le lunch, on part. C’est un très beau sentier, qui dépasse les 9 km. Petit arrêt à la ferme en passant, et on entre dans le sentier.

On le fait en crampons (pas en raquettes) mais on ne s’attendait pas à devoir ouvrir autant les sentiers. En fait, c’est tellement drôle, car les seules pistes visibles dans le sentier sont celles des chevreuils. Ils suivent les sentiers, comme nous, mais parfois ils en sortent. Si on se fie uniquement à leurs traces, cela peut nous faire douter de notre route. Heureusement, le balisage est efficace : on n’a raté l’embranchement qu’une seule fois.

Cet endroit est magnifique. Louise me dit simplement : « Je ne me souviens pas que Coaticook était si beau. » Un autre aspect qui fait qu’on adore les sentiers ici : les chevreuils rencontrés sont toujours en groupe. On a l’habitude d’en voir souvent seuls, dans d’autres parcs, mais là, ils courent, gambadent, se déplacent ensemble. On dirait vraiment qu’ils s’amusent. On aimerait pouvoir gambader avec eux nous aussi.

Plus de trois heures plus tard, retour à la maison sur roues, et je peux vous dire qu’on est calmes. Pas de feu, juste un peu de lecture, du blog et des tentatives de séchage de bottes. Parce qu’avec la neige et l’ouverture des sentiers, nos bottes sont trempées. Ben beau être en Gore-Tex, ça reste quand même assez mouillé, même à l’intérieur.

Demain, on fera un sentier plus court, et il fera encore plus chaud.

On adore cette vie.

Mardi le 13 janvier, des chevreuils ?

On a besoin d’un peu de repos aujourd’hui, mais on doit tout de même aller marcher un peu. C’est si beau en forêt. On décide de faire la R2, aussi appelée « Chevreuils ». Le nom est évocateur.

On repart, et là il fait très doux, autour de 2 °C. La rando est très belle. Il y a tellement de pistes de chevreuils, c’est fou. Mais on n’a vu que trois chevreuils dans toute la balade de près de deux heures.

Je reviens aux pistes : complètement malade… Hier, on devait se méfier; aujourd’hui, on est déroutés. Avant d’avancer trop, il fallait absolument repérer le prochain poteau identifié. Sinon, si on suit juste une piste, on se perd. Pas vraiment perdu, car on a nos GPS (téléphones), mais être obligés de revenir sur nos pas ou de devoir se fier au GPS pour retrouver le chemin…, ça oui par contre!

On voit toutes sortes d’empreintes, incluant celles de coyotes. Il y en a plusieurs. C’est sûr que la température aide au pistage. Ce n’est plus de la neige poudreuse comme la veille ; on voit très bien les empreintes dans la neige.

Le seul inconvénient : les boules de neige qui s’accumulent sous nos crampons. Parfois à l’avant, mais souvent à l’arrière. C’en est souvent dangereux ; on ne veut surtout pas se tourner la cheville. On a retiré nos crampons une seule fois, à peine cinq minutes, pour les remettre aussitôt. Trop glissant par endroits. On ne voulait pas se petter la gueule.

De retour à notre cocon sur roues, joues rouges mais trempés. C’est le fun d’être dehors…

Mercredi le 14 janvier, les récompenses

Grasse matinée : on s’est réveillés vers 8 h 30. Ceux qui diront qu’on dort mal en van… en tout cas, ce matin, ce sont les corneilles qui nous ont réveillés.

Au menu, randonnée dans la R5, aussi nommée « Gorge ». De la pluie est prévue en après-midi, donc on y va le matin.

La R5 est la plus proche des emplacements de camping d’hiver. On la voit depuis nos véhicules. Elle est quand même populaire, mais avec le temps doux, on décide tout de même de mettre nos crampons, en espérant ne pas trop faire de bouboules comme hier.

Surprise en arrivant au début du sentier : personne n’a encore emprunté ce sentier cette semaine. Donc, on ouvre de nouveau. C’est plus « pénible » d’ouvrir sans raquettes, mais on ne cale pas trop. J’utilise un nouveau truc : je marche dans les pistes de chevreuils.

Pas vu de chevreuils, mais quelques pistes, beaucoup moins qu’hier, et plus d’empreintes de petits animaux : ratons laveurs, lièvres, écureuils… donc plus de coyotes.

Après la rando, c’est l’heure de la récompense. On enlève les crampons et direction la microbrasserie, mais pour le lunch cette fois. Petit repas, car le dessert est directement en face de la micro : la Laiterie Coaticook, avec la meilleure crème glacée au monde.

Malheureusement, le congélateur de Dechinta est trop petit pour ramener un pot, alors on prend deux autres portions qu’on pourra savourer pour plus tard. Ça, c’est de la récompense.

Il devait pleuvoir, mais rien encore. Maintenant, ils prévoient jusqu’à 25 cm de neige. On jubile. Mais à 22 h 30, il n’y a rien encore. On verra demain matin au réveil.

Jeudi le 15 janvier, la flotte

Il pleut ce matin. Les 25 cm de neige prévus ne tomberont pas. Qui disait que la météo est une science inexacte ? Il avait raison en tout cas. Honnêtement, est-il préférable de s’acheter un gratteux ou de jouer à la loterie de la météo ?

Ça fait des années que je ne me fie plus aux prévisions pour nos activités. De toute façon, aujourd’hui on y va qu’en après-midi. Pendant qu’à Montréal, ça semble intense : froid, sorties de route, capotage d’un camion-citerne, automobiles qui ne peuvent pas monter les côtes en centre-ville… Ouf, je ne m’ennuie pas de ça.

Vers 10 h, la pluie se transforme en neige, mais à 2 °C, c’est assez mouillé. C’est très brumeux.

Après le lunch, départ pour notre dernière rando de la semaine : la R3, aussi nommée « Paysage ». On ne se souvient pas de l’avoir déjà fait. Le sentier débute derrière la ferme, et le départ est un peu cardio.

Les pistes sont « brouillées » aujourd’hui. La raison est simple : la neige tombe et fond en même temps. Le sol est parsemé de trous d’eau. À part voir les sabots des chevreuils dans le fond du trou, on ne voit rien lorsqu’il y a des arbres au-dessus de nous. Dans une clairière, c’est différent.

Pas trop loin dans le sentier, on retrouve notre fameuse balançoire… J’ai une vidéo là-dessus. Je ne pensais pas qu’elle était ici. Donc, on avait déjà fait ce sentier :).

Une belle balade encore, quelques chevreuils, et une envie de rester dehors. On retourne tout de même au van. Il ne neige plus depuis le lunch. Va-t-il neiger ? Va-t-on avoir nos 25 cm? Personne ne peut le prédire.

Vendredi le 16 janvier, tout est gelé

On revient à la maison aujourd’hui, mais c’est fou les anomalies qui nous tombent dessus. Il a fait très chaud hier, il a plu, neigé, et ensuite un refroidissement brutal, mais sans vent. On remarque souvent que lorsqu’il y a une chute des températures, il y a beaucoup de vent, ce qui aide à faire sécher l’asphalte, ou les portes, le Maxxfan, etc. On voit où je veux en venir.

Avec la chaleur à l’intérieur, même avec un taux d’humidité de 35%, la Maxfan a gelé : il s’est fait de la condensation à l’intérieur dû à la grande différence de température. À un moment donné, même lorsque l’interrupteur est fermé, elle démarre et s’arrête toute seule. On remarque qu’il y a tellement d’eau qu’un contact se crée, ce qui cause les départs et arrêts. On démonte l’intérieur de la fan et on sèche tout avec le séchoir, problème réglé.

La porte latérale est complètement gelée. Trop drôle ! Je disais que ça n’arrivait jamais… Eh ben oui : la poignée du conducteur à l’extérieur est gelée.

Les hauts-parleurs du camion sont aussi complètement pris dans l’humidité,.. gelés. Je n’avais jamais vu ça. Il faut comprendre que l’avant est l’endroit le moins isolé, donc c’est possible. On réchauffe l’habitacle avec le moteur. I Finalement, tout recommence à fonctionner normalement.

Je tente de rentrer le Weboost… et ? Ben oui, gelé aussi. Il y a tellement de glace sur la terrasse de toit, elle doit être lourde.

Une heure plus tard, on réussit à décoller. J’aurais aimé mieux recevoir la neige qui était prévue : tout aurait été moins gelé. Mais avec -20 °C, c’est un peu normal. Les routes sont enneigées, poudrerie, principalement de Coaticook à la 55, surtout dans les champs.

Rendus à la maison, on vide le van et on le réhivernise. On a déjà hâte à la prochaine fois.

Coaticook, on va revenir, c’est certain : ce fut une maudite belle semaine.

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Commentaires sur “Coaticook en van : le bonheur d’y revenir”

  1. Gaston Chayer

    Très beau texte et photos,
    C est quoi un feu a l americaine ?

    1. Yvon

      Salut Gaston, je te raconte l’hitoire vite vite. On est habitué à couper du ti-bois sec, faire des belles piles, mettre du papier, préparer notre feu quoi. Dans les Everglades, on rushait comme des malades. Nos voisins (tout le monde, je te dis), ils mettent du bois, n’importe comment, et prennent un bouteille d’allume briquette, badigeonne en abondance le bois, et l’allume. That’s it. Puis ils retournent à leur bière… Un feu à l’américaine, pas le temps de niaiser.

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