L’effet GentillyTemps de lecture 6 min

Nous n’avons pas été gâtés par la météo dans les dernières semaines. On a besoin de neige pour les activités extérieures. Pour une énième fois on décide d’aller passer quelques jours au parc régional de la Rivière Gentilly avec nos amis. Il faut par contre noter, qu’on trouve qu’on agit toujours de façon bizarre à cet endroit. 

On se souvient que Louise a fait un vol plané l’été dernier, il a fait anormalement chaud au début de novembre, on se raconte des peurs et on planifie notre vie future à la suite du gain du Powerball (ce qui n’arrivera évidemment jamais).

La centrale nucléaire a cessé ses opérations en 2012, et elle sera totalement démantelée d’ici 2062 (ce n’est pas une erreur de frappe, c’est bien 2062). Serait-ce la cause? Je ne suis pas un complotiste, mais, et si c’était ça?

Bon il s’est passé quoi cette fois, pour que je raconte ça.

3 Janvier 2023

Il y a très peu de neige et nous sommes le 3 janvier. Ce n’est pas normal. Mais en fait, c’est une grosse partie du Québec qui n’a pas de neige. Ce ne peut donc pas être à cause de la centrale. 

On arrive et il y a déjà deux de nos amis vanneux (Natacha et Gab) qui sont arrivés. Il y a un feu, mais énorme. On a dépassé le stade des petites buches dans un feu. On utilise des billots de plus de 2 mètres. 

Un peu plus tard, Martine et Alain arrivent, avant l’apéro tant attendu. Certains font déjà la première randonnée. Les crampons sont de mises, mais pas de raquettes, pour les raisons énumérées plus tôt.

À leur retour, c’est enfin le moment de l’apéro, mais au champagne. Champagne et chips, bien sûr. Avec le feu qui nous réchauffe et embaume nos vêtements (gros feu=grosse odeur de feu)

On poursuit ensuite nos discussions à l’intérieur avec un repas et avec la guitare d’Alain, qui a appris une chanson des Cowboys fringants, qu’on remarque immédiatement. Super ambiance, on en a beaucoup à se raconter. Le feu est maintenant à l’intérieur, avec des buches plus “normales”. Il fait chaud, on est bien.

4 janvier

Rien d’anormal durant la nuit. Mis à part que la van à Alain et Martine est illuminée en vert. Ce ne peut pas être des décorations de Noël, ce n’est pas la tasse de thé d’Alain. C’est la centrale nucléaire. Ben non… Alain a installé des lumières de Noël vertes dans le van. C’est mignon. Tout s’explique finalement.

On part faire une première randonnée de la journée. C’est assez calme, la rivière est très haute. C’est toujours beau cet endroit. 

Au retour, c’est là que ça ce corse. Tout autour d’un feu sur le terrain de Natacha et Gabriel, les paroles irréfléchies débutent. On voit qu’il pourrait y avoir un lien avec la proximité de l’eau qui se rend à l’ancien réacteur, et la folie collective du groupe. On rit, on discute de tout et de rien, on fabule. Il y a très peu d’alcool qui coule, il n’est que midi. De là ma suspicion.

On retourne pour une petite rando en après midi. Cette fois les discussions sont sérieuses, même si nous sommes souriants. Nous sommes loin des terrains et de l’eau. Mon enquête se poursuit.

On retourne au vans, et ça se poursuit jusqu’au souper et en soirée. On prépare nos vies, on vendra du café, fera la cuisine, collectera des fonds avec la musique d’Alain. On sait où on s’en va.

Un corde de guitare brisée empêche Alain de faire de la musique. On continue alors à s’imaginer de gagner à la loterie, on achète des billets de groupe. Notre avenir est planifié au quart de tour. Comble de malheur, il va y avoir de la neige cette nuit, on sera peut-être pris, et on ne pourra pas aller chercher notre chèque de 48 millions. On prépare différents scénarios de cueillette. L’heure est grave. 

On retourne aux vans, je dois rester éveillé pour transmettre le résultat du tirage dès que je le reçois. Le gain ne sera pas au rendez-vous une autre fois. 

5 janvier

Il a neigé, c’est beau, enfin de la neige. C’est notre prix de consolation pour avoir perdu 27 dollars en billets de loteries. Le malheur (ou la malédiction de la centrale) est sur nous. On part en expédition, une petite randonnée. Le tout s’avérait être une balade de repos, mais la malédiction de Gentilly a décidé que c’est à cet endroit que je devais me fracturer le crâne, en faisant une chute (la banane). Nonnnnn, il n’en est pas question!! J’avais du rembourrage derrière la tête (capuchons de mon hoodie, capuchon de mon manteau) donc rien. Je dois donc continuer à me méfier.

Tout le long du parcours, on constate qu’on ne restera pas pris avec nos véhicules. Nous aurions pu aller chercher notre chèque chez Loto-Québec.

Mais nous sommes loin d’être triste. Ça nous prend que ça pour être heureux. Nos vans, des endroits et des gens merveilleux.

On quitte même avant le lunch du midi. Ben c’est normal, il faut avoir quitté pour midi. Il faut faire attention sur les routes, il y a de la glace sous la neige. Est-ce donc la cause de ma chute? La glace?

Mon enquête est terminée

À la suite de l’analyse de nos agissements, en fonction de nos paroles, des lieux visités lors de notre séjour on peut dire que :

Finalement la centrale nucléaire Gentilly est tellement loin d’être la cause des dérapages. C’est tout simplement la joie de vivre de 6 personnes qui mènent à ces excès de folie. 

C’est super d’être avec vous, on garde notre folie et on continue de briller dans le noir

Yvon,

2 comments

  1. Dechinta est un mot en Déné signifiant «in the bush» ou être dans la nature.

    Déné est une de nos Premières Nations, résidant au Yellowknife, Territoires du Nord-Ouest.

    On projète d’aller les rencontrer un jour!

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